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Marquée par la diversité des objectifs poursuivis, des régions impliquées et des acteurs concernés, la situation géopolitique du mouvement djihadiste est complexe à saisir. Elle concerne essentiellement le Levant, l’Afrique et l’Asie.

Une situation mouvante au Levant et au Moyen-Orient

Depuis 2015, daech enregistre un net recul en Irak et en Syrie. Ce repli territorial s’accompagne d’un ralentissement du flux de combattants terroristes étrangers et d’une diminution des revenus tirés des gisements d’hydrocarbures dont le groupe a le contrôle. Daech est également en perte de vitesse à Syrte (Libye), où les forces sous l’autorité du Premier Ministre libyen Fayez Sarraj sont sur le point de l’emporter.

Dans le nord de la péninsule du Sinaï, en Égypte, le groupe wilayat-sinaï, qui a prêté allégeance à daech en novembre 2014, cible les forces de sécurité, ainsi que les intérêts étrangers. Le Yémen est, lui, sous la menace constante du groupe al-qaida dans la Péninsule Arabique (AQPA).

Des tensions encore vives dans le Sahel

L’action des forces armées françaises et africaines au Mali a affaibli les groupes terroristes dans la région : al-qaida au Maghreb islamique (AQMI) et ansar eddine. Ces groupes font cependant preuve de résilience. Dans la région du bassin du lac Tchad, les offensives successives des forces armées du Nigeria, du Tchad, du Cameroun et du Niger ont porté un coup à boko haram, affilié à daech. Le groupe conserve néanmoins un pouvoir de nuisance et continue de commettre des attentats suicides.

L’Asie menacée

En Asie, plusieurs groupes ont prêté allégeance à daech tandis qu’al-qaida et ses affiliés demeurent une menace importante pour la région. La situation est particulièrement fragile en Afghanistan, au Pakistan et au Bangladesh, (attentat de Dacca, le 1er juillet 2016).

Pour aller plus loin

La coopération internationale contre le terrorisme

La communauté internationale unit ses forces pour lutter contre le terrorisme djihadiste:

  • Forte de 67 Etats, la Coalition internationale contre daech apporte son soutien aux forces de sécurité irakiennes. Son action a permis d’affaiblir considérablement daech, de reprendre près de la moitié du territoire contrôlé par l’organisation terroriste et de libérer plusieurs villes stratégiques en Irak.
  • De leur côté, les Nations Unies ont mis en place un cadre juridique contre les combattants terroristes étrangers. Elles sont également mobilisées dans la lutte contre la radicalisation et le financement de daech.
  • L’Union européenne a progressivement renforcé sa réponse face à la menace : adoption d’un PNR européen, lutte contre le trafic d’armes, contrôles aux frontières, échange d’informations, etc. Certaines mesures sont déjà entrées en vigueur ; d’autres sont en cours de discussion et devraient aboutir prochainement.
  • Le G7 a adopté un plan d’action contre le terrorisme en mai 2016, lors du sommet d’Ise-Shima au Japon. Il contient des mesures ambitieuses pour renforcer la coopération internationale.

L’action de la France contre daech

Dans le cadre de la coalition internationale, la France conduit l’opération Chammal en Irak depuis septembre 2014 et en Syrie depuis septembre 2015. Elle y mène des opérations aériennes, des actions de conseil et de formation auprès des forces de sécurité irakiennes. À la suite aux attentats du 13 novembre 2015, la France a intensifié ses opérations aériennes contre daech en Syrie e et a renforcé ponctuellement son action avec le groupe aéronaval constitué autour du porte-avions Charles-de-Gaulle.

Au plan diplomatique, la France participe activement à la recherche de solutions politiques durables aux crises syrienne et irakienne. En Irak, la France soutient le gouvernement dans ses efforts de réforme et pour l’adoption des mesures en faveur de la réconciliation nationale. La France a co-présidé une réunion de haut niveau pour la stabilisation de Mossoul le 20 octobre dernier, afin d’accompagner politiquement les opérations de reprise de la ville et sa région. En Libye, la France travaille également avec différents partenaires pour soutenir le gouvernement d’entente national, le seul capable de lutter efficacement contre l’expansion de daech et les trafics d’êtres humains en Libye. En Syrie, la France soutient le principe d’une solution politique au conflit, seule à même de réconcilier les Syriens et de les rassembler dans la lutte contre daech.

Sur le plan humanitaire, la France mène un ensemble d’actions complémentaires : aide d’urgence aux populations, accueil de réfugiés, soutien aux victimes de violences ethniques et religieuses. La France se mobilise également pour que les crimes commis par daech ne restent pas impunis.

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