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Parmi les 11 500 personnes considérées comme radicalisées en France, on estime qu’un quart sont des femmes, souvent très jeunes. On sait par ailleurs,  que sur les  presque 700 Français présents sur zone de combat, près de 300 sont des femmes. Ce phénomène, pose de nombreuses questions et bouscule les représentations classiques qui tendent à écarter les femmes des mouvements de radicalisation menant à la violence.

Baptiste est le père de C. Sa fille n’avait pas 17 ans quand elle est partie, emmenée par son petit ami rencontré sur un site de rencontres.
« On nous a volé notre enfant », lâche Baptiste en évoquant la situation.

Souvent perçues à travers le prisme des stéréotypes et d’un discours mettant en avant une supposée passivité, les femmes qui s’engagent dans les groupes radicaux ne doivent pas être considérées comme des victimes, mais bien comme des actrices. Par ailleurs, on sait que les recruteurs mettent en place des dispositifs ciblés pour les attirer. Ils ont en effet intégré dans leur propagande le désir de ces femmes d’être actrices de la construction de ce monde idéalisé où les musulmans ne subiraient plus aucune discrimination. Les femmes, « les sœurs », ont une place déterminante, presque incontournable, dans la réalisation de cet idéal.

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Face à cette situation, nous avons la responsabilité d’apporter des réponses adaptées et d’accompagner, pour les protéger, ces jeunes filles tentées par ce discours radical. Il faut d’abord comprendre et ensuite s’appuyer sur des acteurs associatifs et institutionnels pour accompagner ces jeunes filles dans leur sortie de la radicalisation. Il nous faut également nous projeter dans un avenir proche, qui verra sans doute, un grand nombre des femmes françaises présentes sur zone de combat, revenir sur notre territoire, le plus souvent avec leurs enfants (on sait que la majorité des femmes ont eu un ou plusieurs enfants sur zone). Il faut réfléchir à leur prise en charge et proposer des dispositifs leur permettant de sortir de la radicalisation.

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Les phénomènes de radicalisation menant à la violence, auxquels nous sommes confrontés depuis plusieurs années, touchent également de manière importante les familles. Elles en sont les premières victimes, car les recruteurs ont pour objectif de détruire le lien familial, d’éloigner les jeunes de leur famille. Mais elles sont aussi un lieu privilégié pour détecter les signes d’un engagement radical, et rétablir le lien, le dialogue pour protéger leurs enfants.

Accompagner les familles confrontées à ce phénomène constitue donc un enjeu majeur de prévention de la radicalisation.

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