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Les parcours de radicalisation ne suivent pas un chemin clairement balisé. Certains mécanismes identifiés permettent de mieux comprendre le processus enclenché.

Des mécanismes complexes qui s’entremêlent

Les profils et motivations des individus radicalisés varient. Toutefois, trois éléments entrent systématiquement et simultanément en jeu dans chaque parcours : 

  • les aspects idéologiques
  • les émotions
  • le système de valeurs

Ces différents facteurs entrent en résonance sans qu’il y ait nécessairement un enchaînement d’étapes déterminé et inéluctable. À chaque moment, des doutes peuvent amener les personnes à prendre leurs distances avec les théories radicales.

Les premiers pas dans le processus

Ils sont généralement la conséquence :

  • d’une « rencontre » avec une personne liée à la mouvance extrémiste: un lieu physique (club de sport, association, lieu de prière, prison, etc.) ou virtuel (réseaux sociaux, plateforme vidéo sur internet, etc.).
  • d’une « disponibilité » au discours radical : certains profils sont plus vulnérables: les plus jeunes, les personnes mal insérées socialement, en manque de repères culturels, celles victimes de traumatismes liés à leur histoire personnelle (violences, deuil, etc.), troubles psychologiques, accoutumance à la violence. Cette vulnérabilité ou disponibilité peut les amener à chercher un mode de vie qui :
  • répond à un « idéal » ;
  • donne un sens à leur existence ; 
  • apporte un sentiment de protection ou de puissance ; 
  • rassure sur leur capacité à être acceptés ou insérés.

 

L'engagement pour la mouvance extrémiste

C’est un processus progressif et activé par trois moteurs déterminants : 

  • Il commence lorsque la personne s’enferme dans un raisonnement qui n’accepte que les informations allant dans son sens. Les recruteurs jouent ici un rôle décisif car ce sont eux qui transmettent la doctrine et créent l’isolement intellectuel.
  • L’effet de groupe, qu’il soit physique ou virtuel, joue également un rôle clé en renforçant l’isolement intellectuel. Il filtre les informations et répète les mêmes arguments sans jamais rencontrer d’objection. Il permet de se conforter dans ses convictions et pousse au durcissement des positions.
  • L’idéologie djihadiste conduit à la rupture avec les autres. Elle propose une vision du monde basée sur des oppositions simplistes : bien/mal, pur/impur, eux/nous. La propagande conspirationniste et complotiste diffusée sur internet contribue largement à la crédibilisation du discours djihadiste.

Les mécanismes émotionnels et aspirations qui poussent à la violence

L’adhésion à une idéologie extrême ne conduit pas forcément à la violence. Cette dernière, lorsqu’elle survient, est généralement le fruit de mécanismes émotionnels, voire de motivations triviales :

  • désirs matériels,
  • déceptions, frustration, humiliation, désir de vengeance, haine
  • mécontentement ou injustice,
  • besoin de reconnaissance ou d’aventure.

Lorsque l’individu pense que sa cause est juste et accepte de s’engager dans un mouvement de révolte, l’adhésion à la cause devient inconditionnelle parfois renforcée par des sentiments d’exaltation :

  • le sentiment de « révélation », ce qu’on appelle « born again ». L’individu a l’impression de vivre pleinement les croyances décrites par le groupe et se sent renaître.
  • le phénomène de « love bombing » est également évoqué pour décrire un très fort sentiment d’appartenance au groupe, né de l’accueil chaleureux reçu par les nouveaux membres de la communauté.

En cas de doute ou de questionnement sur une potentielle radicalisation, n’hésitez pas à appeler le 0 800 005 696 (Numéro Vert, service et appel gratuits).

 

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