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La  politique du ministère de l’Éducation nationale repose sur 5 axes : la prévention, le repérage et le signalement, le suivi des jeunes en voie de radicalisation scolarisés, la formation et la recherche.

La prévention

Le rôle de l’école est fondamental dans la construction d’un élève citoyen, apte à appréhender le monde qui l’entoure dans sa diversité et à prendre des décisions qui préservent son bien-être mental et physique, tout en respectant celui des autres pour vivre en société. L’école doit être le garant de l’émancipation du jeune pour qu’il soit en mesure de discerner les dangers, pour lui-même et pour les autres, de discours extrémistes.

La mobilisation de l’institution scolaire s’appuie d’une part sur les enseignements et d’autre part sur des activités éducatives qui participent à la prévention des comportements à risque des jeunes face au phénomène de radicalisation. Cette prévention dite primaire cible tous les élèves. La maîtrise de la langue française, la pratique du débat argumentatif afin de développer une approche critique des enjeux de société, dans le respect de la pluralité des positions, l’enseignement de l’histoire, de la géographie des grands enjeux géopolitiques, mais aussi l’enseignement moral et civique ou encore l’éducation aux médias et à l’information jouent ce rôle. Le parcours citoyen permet de renforcer la transmission de la citoyenneté et la formation de l’esprit critique en mobilisant différents champs disciplinaires.

Le repérage et le signalement

Il n’est pas toujours simple de savoir différencier ce qui relève de la radicalisation, d’une révolte adolescente ou d’une pratique rigoriste d’une religion. Les professionnels des établissements scolaires ne sont d’ailleurs pas là pour juger de la véracité ou non d’une situation de radicalisation.

Leur rôle est de détecter les jeunes en déshérence, en danger et qui éventuellement pourraient aussi représenter un danger. Le signalement, en cas de suspicion de risque de basculement dans la radicalisation, déterminée à partir d’un faisceau d’indices, intervient à la suite de croisement de regards des différents professionnels de l’éducation nationale.

Il revient ensuite aux cellules de suivi préfectorales ou encore à la justice de déterminer s’il y a ou non radicalisation.

Il a été demandé aux personnels de faire remonter au Numéro Vert « stop djihadisme » (0 800 005 696) et à leurs inspecteurs d’académie les élèves qu’ils soupçonnent d’être en voie de radicalisation. Pour les y aider, un livret en ligne Prévenir la radicalisation des jeunes a été produit et diffusé en février 2015, grâce au regard expert d’autres ministères et services interministériels.

Ce livret permet de lister des signaux faibles qui croisés et cumulés peuvent indiquer une situation de radicalisation : une rupture relationnelle aggravée ou généralisée avec les camarades, les amis, les divers entourages et abandon des activités périscolaires, une rupture avec l’école (contestations répétées d’enseignements, multiplication des absences, déscolarisation soudaine), une rupture avec la famille (limitation de la communication avec les proches, tentatives de fugue) ou encore de nouveaux comportements dans les domaines alimentaires, vestimentaires, etc. On peut aussi parfois constater des propos antisociaux virulents ou violents, une multiplication des tensions ou des conflits avec autrui.

Une fois cette situation signalée, la cellule de suivi préfectorale en lien avec les services concernés détermine si oui ou non ce jeune est en voie de radicalisation.

Fiche prévention de la radicalisation

Le suivi des jeunes

Le ministère renforce les dispositifs mis en place pour le suivi des jeunes (prévention secondaire), dans une approche socio-éducative.

La cellule de suivi préfectorale a pour rôle, sur la base de l’adhésion et du volontariat du jeune et de sa famille d’assurer un suivi éducatif permettant au jeune de sortir de la spirale de la radicalisation. Ce sont donc essentiellement des associations d’aide à la parentalité pour les familles ou encore des associations de lutte contre les dérives sectaires.

En lien très étroit avec les cellules de suivi, les personnels des établissements scolaires mettent en place, dans le cadre d’une cellule de veille interne à l’établissement un suivi éducatif de qualité pour l’élève concerné. L’établissement offre aussi un soutien à la famille qui en a besoin en lien étroit avec les associations mobilisées et spécialisées pour soutenir ces parents souvent désœuvrés et inquiets devant la déshérence et l’emprise dans laquelle se trouve leur enfant.

Cette cellule de veille, à laquelle participent le conseiller principal d’éducation, l’assistant de service social, l’infirmier, le médecin, sous le pilotage du chef d’établissement, est à la fois attentive aux indicateurs habituels (appétence scolaire, capacité de concentration en classe et d’investissement dans le travail personnel, absentéisme, rupture avec les modalités antérieures de comportement, troubles de la sociabilité, perte d’estime de soi, repli sur soi…), mais permet aussi d’analyser les problématiques individuelles et collectives des élèves repérés, de préconiser des typologies de prise en charge pédagogique et éducative, de proposer un accompagnement personnalisé, d’aider à l’élaboration des projets scolaires et personnels des élèves. Elle permet de suivre, évaluer et ajuster les accompagnements mis en place.

Le chef d’établissement en lien avec le référent « prévention radicalisation » rend compte à la cellule de suivi de l’évolution scolaire de l’élève et reçoit de la part de la cellule de suivi les informations nécessaires à une prise en charge éducative de qualité.

L’inspecteur d’académie - directeur académique des services de l’éducation nationale (DASEN) assure la coordination avec les cellules de suivi préfectorales.

Fiche prévention de la radicalisation

La formation

Les formations des personnels de l’Éducation nationale sont indispensables. Ces formations peuvent prendre différentes formes.

Dans le cadre du plan national de formation, depuis mars 2015, des séminaires ont été organisés, à destination des référents académiques « prévention radicalisation ». Ces formations sont ainsi appelées à être déclinées dans les territoires selon les besoins locaux.

Aux échelles académique et départementale se développent également de nombreuses formations. Elles sont soit organisées par l’Éducation nationale en lien avec d’autres acteurs institutionnels (les préfectures par exemple), soit organisées par d’autres acteurs et nos personnels y sont conviés dans une logique de coopération et de pluridisplinarité.

Dans certains départements, des formations sont mises en place dans des établissements à la demande des équipes. Les équipes éducatives peuvent se renseigner auprès de leur responsable académique de formation. 

 

Crédit photo : Laurent Hazgui / Divergence

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