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L’action de la Coalition internationale contre Daech en 2014 a permis de priver l’organisation terroriste de la totalité des territoires qu’elle contrôlait en Irak et en Syrie. Grâce à la mobilisation internationale, ses capacités de planification d’attentats, d’attraction de combattants étrangers ou encore de financement ont été considérablement réduites.

Si les efforts conjugués des États membres de la Coalition internationale contre Daech ont permis de libérer les 7,7 millions d’Irakiens et de Syriens un temps soumis au joug du groupe terroriste, ce dernier demeure une menace sérieuse pour la sécurité internationale du fait de :

  • la permanence de cellules clandestines actives sur le théâtre irako-syrien ;
  • la persistance de groupes terroristes affiliés à Daech en Afrique, dans la péninsule arabique, en Asie méridionale et en Asie du sud-est :
  • la diffusion d’une propagande sophistiquée appelant à la violence ;
  • la possible résurgence du’ phénomène, par l’exploitation des fragilités politiques de régions en crise.

Qu’est-ce que Daech ?

Issue de la branche irakienne d’Al-Qaida, l’organisation terroriste Daech s’est développée en Irak (dès 2006) puis en Syrie, à la faveur du chaos généré par la répression continue du régime syrien depuis 2011. Elle a cherché ensuite à exporter son système de terreur au-delà du Levant (Libye, Égypte, Afghanistan, Asie du sud-est).

Les membres de Daech ont recours à des pratiques barbares (décapitations, réduction en esclavage, tueries de masse) qui manifestent un dévoiement de la religion dont ils se réclament.

Dans les faits, les musulmans (chiites et sunnites) sont les premières victimes de Daech, à l’encontre desquels l’organisation pratique une politique de terreur qui n’épargne ni les femmes, ni les enfants. Les membres de minorités ethniques et religieuses font l’objet de persécutions systématiques. Le groupe a également planifié et organisé plusieurs attentats meurtriers à l’étranger comme les attentats de Paris (novembre 2015), Bruxelles (mars 2016) ou Londres (mars 2017).

Daech a procédé à des destructions délibérées du patrimoine mondial de l’Humanité, comme en témoignent ses actions criminelles dans les cités antiques de Palmyre, Nimroud et Hatra, ainsi que la destruction du musée de Mossoul.

Quel bilan pour la Coalition internationale contre Daech ?

Formée en septembre 2014 et rassemblant 79 États ainsi que l’OTAN et l’Union européenne, la coalition internationale contre Daech a mené un combat décisif pour défaire l’organisation terroriste à plusieurs niveaux.

  • Au niveau militaire

Au plan militaire, la Coalition internationale apporte depuis septembre 2014 un appui décisif aux forces locales engagées sur le terrain pour faire reculer le groupe terroriste Daech en Irak et en Syrie. Cet appui a permis aux troupes irakiennes d’annoncer la libération totale de leur territoire en décembre 2017, tandis que les opérations menées en Syrie ont permis d’achever de libérer en mars de cette année les territoires occupés par Daech dans le Nord-Est du pays.

Des succès tangibles – les dates-clés :

  • Janvier 2015 : reprise de la ville de Aïn al-Arab/Kobané (Syrie)
  • Juillet 2017 : reprise de la ville de Mossoul (Irak)
  • Octobre 2017 : libération de Raqqa (Syrie)
  • Décembre 2017 : les autorités irakiennes annoncent la libération de l’ensemble des territoires contrôlés par Daech
  • 2018 : Daech ne contrôle plus que 2% des territoires qu’il contrôlait en 2014. L’organisation reste retranchée dans quelques poches territoriales en Syrie
  • Mars 2019 : chute du dernier bastion de Daech en Syrie, à Baghouz
  • Au niveau financier

L’asséchement des sources de financement de l’organisation terroriste Daech constitue une priorité de la France et de ses partenaires internationaux. La France s’est engagée pour favoriser un renforcement de la coopération et de la mobilisation internationales sur cette question. Elle a organisé à Paris en avril 2018 la 1ère conférence « No Money For Terror » qui a rassemblé 70 États et 20 organisations internationales. Des engagements ont été pris dans ce cadre par les États pour, notamment, lutter contre l’anonymat des circuits financiers et prévenir les risques de détournement des nouveaux produits et services financiers.
Une 2e édition de "No Money for Terror" s’est tenue les 7 et 8 novembre 2019 à Melbourne, en Australie.

La France a également été à l’initiative de l’adoption le 28 mars 2019 par le Conseil de Sécurité des Nations unies de la Résolution 2462 sur la lutte contre le financement du terrorisme, qui complète le cadre juridique international existant en la matière.
Parallèlement, des mesures ont été prises pour lutter contre les réseaux illégaux et les trafics mafieux (de pétrole, d’œuvres d’art, d’êtres humains) mis en place par Daech pour se financer.

  • Au niveau idéologique

Depuis sa création, Daech a toujours mis l’accent sur sa capacité à diffuser sa propagande mortifère. Consciente de l’importance de lutter contre l’existence virtuelle du groupe terroriste, la Coalition internationale a pleinement œuvré pour repérer, déconstruire et retirer les contenus djihadistes en ligne.
La France est particulièrement active dans le domaine de la lutte contre l’utilisation d’internet à des fins terroristes. Elle entretient à titre national un dialogue avec les entreprises de l’internet à cette fin, afin d’améliorer la détection et le retrait rapide et durable des contenus terroristes en ligne.

Au-delà, le président de la République a procédé le 15 mai 2019 à Paris avec la Première ministre néo-zélandaise et en compagnie de plusieurs autres chefs d’État ou de gouvernement et de représentants des entreprises de l’internet au lancement de "l’Appel de Christchurch". Cet appel demande la suppression des contenus terroristes et extrémistes violents en ligne, engage les gouvernements et acteurs de l’Internet à prévenir le téléchargement de contenus terroristes tout en améliorant la transparence dans leur détection et leur retrait afin d’en réduire la viralité.

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