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L’organisation terroriste utilise massivement internet et les réseaux sociaux pour valoriser son idéologie, diffuser sa propagande et accroître le nombre de recrues/sympathisants.

Une organisation de la communication à l’allure professionnelle

Pour Al-Qaïda déjà, une grande partie de la lutte terroriste devait se jouer sur le champ de la communication et des médias. Daech, quant à lui, accorde une importance plus grande encore à la propagande. Au plus fort de son activité, ce sont des dizaines de photographies, vidéos, textes ou extraits sonores qui étaient mis en ligne quotidiennement par l’organisation terroriste et ses sympathisants. L’expression de « califat virtuel » était même parfois employée pour désigner la toile tissée par Daech sur internet. Structurés de façon professionnelle, les djihadistes disposent de leurs propres agences de production et de webmagazines multilingues. Ils détournent les codes populaires de communication pour attirer les jeunes vers les contenus qu’ils produisent et se montrent très agiles sur les réseaux sociaux. La stratégie de communication de Daech s’inscrit sur deux principaux axes :

  • Une communication de l’horreur ;
  • Une communication de promotion (recrutement de combattants et/ou sympathisants).

Trois catégories de contenus

Les contenus diffusés par Daech peuvent être divisés en trois catégories :

  • La première a trait à l’ultra violence. Daech diffuse régulièrement des vidéos extrêmement crues qui visent à terroriser les populations et les adversaires (exécutions sommaires, massacres de civils, etc).
  • La deuxième catégorie réunit les images de guerre. Les vidéos d’embuscades et de combats sont particulièrement nombreuses. Elles doivent donner l’image d’une organisation paramilitaire efficace, dont les membres avancent sans répit. Les échecs et les reculs, pourtant nombreux, ne sont bien sûr jamais montrés.
  • La troisième catégorie concerne les images non violentes présentant daech comme un État islamique en construction. Des vidéos idéalisent la vie quotidienne des populations vivant sur les terres du califat : habitants recevant gratuitement de la nourriture, bulldozers construisant des routes, etc. Daech, qui gouverne par la terreur et ne parvient pas à satisfaire les besoins des habitants, voudrait ainsi faire croire en l’excellence de sa gouvernance.

Des destinataires répartis à travers le monde

La propagande djihadiste s’adresse à différents destinataires. De façon schématique, les audiences locales (au Moyen-Orient) peuvent être distinguées de l’audience internationale.

Au niveau local, l’objectif est d’amener les populations à se soumettre à l’autorité des groupes comme Daech ou Al-Qaïda, et d’inciter les adversaires des djihadistes à renoncer au combat.

Au niveau international, les contenus diffusés doivent susciter des vocations terroristes dans les pays occidentaux. Une des méthodes employées pour convaincre de jeunes Français de rejoindre ses rangs consiste à décrire la France comme un pays en guerre contre l’islam. Cette déclaration est fausse. La France n’est en guerre que contre les groupes djihadistes et protège tous ses citoyens, quelle que soit leur religion. À l’inverse, si Daech prétend représenter les musulmans, l’organisation ne dit pas que ses premières victimes sont les musulmans eux-mêmes.

Défaites militaires de Daech : fin de la propagande ?

La perte quasi-totale de ses territoires en Syrie et en Irak ont, en grande partie, affecté la communication de Daech. Lors de la libération de villes de Mossoul (juillet 2017) et Raqqa (octobre 2017) – « capitales » du groupe djihadiste – la diffusion de contenus a particulièrement chuté allant jusqu’à un arrêt total bien que temporaire de la communication de Daech.

Depuis près de deux ans, la diffusion de contenus de propagande de Daech tend à diminuer notamment grâce aux efforts consentis par les géants du Web qui ont multiplié les actions pour limiter voire enrailler la propagation de contenus à caractère terroriste sur les grandes plateformes et les réseaux sociaux grand public, principalement utilisés par les groupes djihadistes.

Aujourd’hui, Daech observe une posture insurrectionnelle et privilégie une diffusion sur des messageries cryptées ce qui rend moins accessible sa propagande. Les contenus djihadistes ont ainsi plus de difficultés à circuler, et la propagande de Daech est désormais moins sophistiquée et moins abondante.

Empêcher ces contenus de circuler est l’affaire de tous. Pour les signaler, une plateforme : Pharos.

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